A l’occasion de la commémoration du séisme de Lambesc, un congrès sur le risque sismique dans les zones à sismicité modérée s’est tenu du 6 au 8 juillet 2009 à Aix-en-Provence. Il a réuni 162 participants, acteurs scientifiques et techniques du risque sismique, représentant 13 pays différents.
Durant deux jours et demi, ces intervenants ont abordé sous forme de conférences, de nombreux thèmes relatifs au risque sismique. Trois grands thèmes étaient étudiés : le phénomène sismique lui-même, sa mesure et sa prévisibilité, la vulnérabilité du bâti et des systèmes, leur évaluation et les modes de renforcement, l’évaluation du risque d’endommagement des éléments exposés.
S’agissant d’un congrès scientifique international, les présentations ont été faites en anglais.
Le site du congrès peut être consulté ainsi que la liste des présentations et leur résumé
La dernière demi-journée a été consacrée à une séance de discussions sous forme de table ronde. Celle-ci a permis d’associer les acteurs de la société civile aux chercheurs afin de restituer les principales conclusions du colloque en des termes accessibles au grand public. Il s’agissait de faire un point succinct sur les avancées scientifiques des dernières années. La conclusion, en forme de boutade, s’exprimait par la phrase suivante : « Qu’avons-nous appris ces dernières années ? L’humilité… »
Conclusions sur l’aléa sismique
Le congrès a permis de faire le point des principales avancées sur la connaissance de l’aléa sismique dans les régions à sismicité modérée.
A l’heure actuelle,
- les grandes zones sismiques de la région méditerranée sont bien étudiées et connues dans l’ensemble. Les failles les plus importantes sont identifiées et étudiées ;
- de nombreuses avancées ont été effectuées sur la connaissance de la structure du sous sol proche et profond grâce aux réseaux de surveillance et à l’instrumentation sismologique et géophysique. Les phénomènes complexes qui contrôlent les séismes sont mieux compris. Des progrès notables ont été effectués dans la connaissance des phénomènes précurseurs des séismes ;
- la connaissance des évènements passés lointains (10 000 à 100 000 ans) grâce à la paléosimicité ou plus proches grâce aux archives et à l’archéologie s’est accrue. Cela permet de mieux prédire l’arrivée des séismes sur le long terme en définissant leur période de retour.
La connaissance de l’aléa sismique augmente, mais malgré toutes ces avancées, il n’est toujours pas possible à l’heure actuelle de prévoir de manière fiable et précise quand et où aura lieu le prochain séisme et quelle sera son intensité.
Conclusions sur la vulnérabilité
Faute de pouvoir prévoir de manière fiable l’occurrence d’un séisme, la prévention reste le seul moyen de réduire les risques de pertes en vies humaines et de dégâts matériels.
En observant, après chaque séisme l’état des bâtiments il a été possible d’identifier les techniques de construction efficaces et d’édicter ainsi des règles de construction parasismique. On sait donc aujourd’hui construire des structures neuves capables de résister aux séismes. Cependant l’absence fréquente d’application de la réglementation rend vulnérable le bâti neuf.
Des zones d’ombre subsistent :
- comment évaluer et réduire la vulnérabilité des bâtiments existants à des coûts raisonnables ?
- comment évaluer précisément la vulnérabilité des industries à risque spécial ?
Des besoins de connaissance et surtout de pluridisciplinarité ont été identifiés dans les domaines suivants : l’information et la formation, la prise en compte des paramètres psychologiques, la nécessité d’outils socio-économiques permettant d’évaluer des dommages et de paramétrer l’impact des modes de gestion possibles. Outre la pluridisciplinarité, l’implication de tous les acteurs d ela gestion du risque s’avère nécessaire dans le champ de la prévention. La présence des assurances a par exemple été souhaitée.
Conclusions sur le risque
La gestion du risque passe par la préparation de la gestion d’un évènement. Il est donc nécessaire de réaliser des exercices de simulation. Les connaissances techniques et scientifiques le permettent avec une bonne représentativité des résultats. Ceux-ci permettent aux acteurs de la gestion de s’approprier les outils dont ils disposent pour faire face à la crise et d’envisager des améliorations.
Consulter le compte rendu complet du congrès